TCE au cinéma: Coco et Igor (2009), de Jan Kounen

Image du film "Coco et Igor", de Jan Kounen (c) Hexagon Pictures, Wild Bunch production
Image du film "Coco et Igor", de Jan Kounen (c) Hexagon Pictures, Wild Bunch production

Tout l’été, nous revisitons les films tournés au Théâtre des Champs-Elysées. Aujourd’hui, on revoit “Coco et Igor” de Jan Kounen, dont la superbe reconstruction du scandale du “Sacre du Printemps” de Nijinski vaut le détour.

Synopsis

A Paris, en 1913, Coco Chanel (Anna Mouglalis) a commencé à se faire un nom grâce à ses créations originales et vit une belle histoire d’amour avec le Britannique Boy Capel. Elle assiste alors à la première représentation du «Sacre du printemps» d’Igor Stravinsky (Mads Mikkelsen). La salle réserve un accueil très mitigé au ballet. Sept ans plus tard, les deux créateurs se rencontrent…

L’histoire au cinéma

L’histoire commence à Paris, en 1913. Le Théâtre des Champs-Elysées vient alors d’être inauguré. Le 29 mai 1913, Les Ballets Russes de Serge Diaghilev donnent la première du “Sacre du Printemps” d’Igor Stravinsky dans la chorégraphie de Nijinski. Le public s’entredéchire dans ce qui sera connu comme l’un des plus grands scandales du XXe siècle, un peu comme la bataille d’Ernani au XIXe… Trois historiens ont travaillé à la reconstruction de cet épisode pour le film. On y retrouve les anecdotes authentiques (Nijinski qui compte les pas en hurlant car les danseurs n’entendent plus l’orchestre à cause des sifflets dans la salle; Diaghilev qui fait allumer et éteindre la lumière dans la salle pour calmer le public…), la chorégraphie de Nijisnki reconstruite par Dominique Brun, les décors…

La bande-annonce

 

L’extrait qui se passe au Théâtre

Vrai ou faux?

Vrai: l’espace du théâtre, la scène, les coulisses, l’intrigue autout du scandale du Sacre du Printemps…

Faux: quelques toutes petites incohérences que l’ on vous signale tant par coquetterie que pour satisfaire la curiosités de nos fidèles spectateurs qui connaissent bien le Théâtre.

– Vous avez sans doute remarqué que la rambarde de l’orchestre a été refaite dans le style Art Déco (sans doute pour permettre ce très beau traveling de la scène vers la salle sans couper la vue).

– Comme lors de toute représentation scénique, la fosse aurait dû être en position basse (lorsque l’orchestre est enfoui beaucoup plus bas que la scène – habituellement, on ne voit que le haut de la tête du chef). Le chef d’orchestre aurait alors dû entrer via le petit tunnel qui passe sous la scène – bien moins cinégénique !

– L’orchestre interprétant Le Sacre du Printemps dans le film est constitué d’une quarantaine de musiciens. En réalité, il s’agit d’une partition pour 120 musiciens, pour laquelle la fosse du Théâtre (alors prévue pour 80) a été creusée et élargie. Encore aujourd’hui, la fosse du TCE est limitée par cette taille « Sacre du Printemps », et aucun des opéras (comme Wagner ou certains Verdi) nécessitant un orchestre plus grand ne peut être donné au TCE en version scénique !

Ce que l’on cherche encore: y avait-il réellement des femmes parmi les musiciens de l’orchestre en 1913? Nous n’avons quelques doutes… mais aucune liste des musiciens ayant interprété le Sacre à l’époque n’a survécu jusqu’à nos jours!

Revoir Coco et Igor

Disponible en DVD ici (Wild Side video)

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