Un dimanche avec… Emmanuelle Haïm

Emmanuelle Haïm (c) Marianne-Rosenstiehl

Comme beaucoup d’artistes, Emmanuelle Haïm n’a pas souvent de vrais dimanches. Et surtout, elle est rarement chez elle – pour cette interview, nous l’attrapons au vol après des concerts triomphaux avec le New York Philharmonic, avant de la retrouver pour Rodelinda à Paris. Ses journées libres, la chef d’orchestre les réserve à sa maison à la campagne… Et, on avoue, cela donne drôlement envie ! Rencontre.

Au saut du lit…

Déjà, je me lève tard, si c’est possible. En semaine, entre les les répétitions et ma fille qui va l’école tôt le matin, c’est rarement le cas. Je commence par un café – parfois c’est Louise qui me l’apporte, d’ailleurs – et je prends le temps. Si c’est un jour où elle n’a pas classe, on fait un brunch !

Une chose que vous ne faites jamais le dimanche ?

J’essaye de ne pas trop vérifier les mails. Ca continue quand même d’arriver sur le téléphone, mais j’essaye au moins de ne pas m’en préoccuper.

Un rituel du dimanche ?

Lorsque je peux aller dans ma maison de campagne, il y a une grande piste cyclable avec l’horizon à perte de vue – c’est la suite de la coulée verte du canal de l’Ourcq. Parfois, avec ma fille et des amis à elle, on prépare un pique-nique et on va faire du vélo !

“Dans l’Oise, je prends mon café devant cette vue !” EH

Une couleur, une odeur, un son ?

Une couleur, le vert de mon jardin. Je prends mon café devant la fenêtre avec cette vue!

Le parfum de l’herbe mouillée par la rosée.

Et le son des cloches de l’église au lointain, qui nous réveillent – mais pas tout à fait.

Une lecture du dimanche ?

C’est surtout en voyage que je lis, surtout depuis que j’ai un Kindle. J’aime beaucoup les livres papier,mais je les oublie constamment à droite à gauche, et le fait de partir et avoir une bibliothèque avec le minimum de poids m’incite à me remettre à lire !

Le jogging: est-ce un sport ou un vêtement ?

C’est un sport… que je ne pratique pas ! Je peux décider d’aller marcher, mais courir, c’est tout à fait contre ma religion! (rires)

Si dimanche était un tableau ?

Un tableau de Patinir. Il y a quelque chose de très paisible dans ses paysages, par exemple, le Paysage avec Saint Jérôme.

Paysage avec Saint Jérôme, de Joachim Patinir, Museo nactional del Prado

La musique du dimanche ?

Je joue plus que je n’écoute – quand j’ai le temps, j’aime bien me remettre au clavecin et travailler égoïstement pour moi. J’aime beaucoup ça, de revenir à mes anciennes amours de Balbastre, Couperin, Bach… Et puis sinon, quand même, j’ai un autre très bon souvenir du dimanche quand j’étais enfant qui était d’écouter une émission que j’adorais, Cantate du dimanche avec Jacques Merlet sur France Musique. D’ailleurs, j’aime bien écouter la radio, comme ça je ne choisis pas et je découvre !

La cuisine du dimanche ?

J’aimais beaucoup cuisiner – je le fais moins. En tournée, on est constamment à l’hôtel ou dans un appartement de location… Mais quand je suis là, j’aime bien reprendre le temps d’inviter, de cuisiner, ça délasse l’esprit. J’ai beaucoup de cognassiers et de noyers, quand j’ai le temps, je cuisine ce gâteau !

Le cinéma du dimanche ?

Si on regarde des films avec ma fille, c’est plutôt le samedi soir ! Mais je n’ai pas beaucoup l’habitude de la télévision parce que je ne l’avais pas enfant. Pour le cinéma, quand j’étais petite, j’habitais dans un quartier près de l’Action Christine, Action Ecole – mais ce n’était pas spécifique au dimanche.

Modèle de la 4L de Renault

Un souvenir d’enfance du dimanche ?

Je me souviens de week-ends où l’on partait dans la 4L de ma mère, et sur la route du retour elle nous faisait réviser et nous interrogeait tout en conduisant, je ne sais pas comment elle faisait ! Des week-ends où l’on essayait de faire tout à la fois, de la cueillette des pommes à la musique et aux devoirs.

Le blues du dimanche soir ?

Ca ne m’arrive pas du tout car je n’ai plus de dimanches ! Quand j’étais plus jeune, j’étais toujours pleine de bonnes intentions pour le lundi. Alors là, c’était le nouveau monde qui commençait et ça allait être formidable, ça allait être la meilleure semaine pour toujours, où j’allais tout refaire, tout parfait! C’est comme les Shadoks, qui se disent qu’au bout d’un certain nombre de fois, ils vont finir par décoller avec leur fusée. Ils ont une chance sur un million, et ils le font 999 999 fois et celle d’après, ça va marcher. Moi c’est pareil: la semaine d’après, ça va forcément marcher !

Un dimanche de rêve ?

Puisqu’on approche de l’hiver: dans ma maison de campagne, avec un feu de bois sympa, des amis qui viennent déjeuner, un peu de musique…

Si cette rencontre avait lieu le dimanche, où est-ce que vous nous auriez donné le rendez-vous ?

Dans un salon de thé – par exemple chez Mariage Frères dans le Marais ? Et qui a quelque chose de paisible et de dominical. Et sinon – parce que j’en viens – chez Sarabeth’s à New York. Ils font des confitures absolument remarquables.

Rodelinda, Haendel

Lundi 10 DECEMBRE à 20h

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