Katrien De Blauwer, une photographe sans appareil

Chaque année, le Théâtre des Champs-Elysées fait appel à un artiste pour habiller sa nouvelle saison. Pour celle de 2018-2019, Katrien De Blauwer confie ses œuvres au Théâtre afin de compléter brochure et affiches, avec ses touches de grâce, d’émotion et de nostalgie.

Ne lui dites surtout pas qu’elle fait des collages. « Quand on me dit « collage », je pense avant tout au surréalisme. Je n’ai rien à voir avec ça ». L’artiste belge Katrien de Blauwer a une expression toute à elle pour définir son propre territoire : « Disons que je suis une photographe sans appareil. La coupe est comparable, chez moi, au déclic de l’appareil photo ».

©Katrien De Blauwer, courtesy Galerie les Filles du Calvaire

 

Katrien De Blauwer est ainsi passée maître dans l’art du « Cut », terminologie plus appropriée en effet que le terme « collage » pour définir sa pratique artistique. Elle entrevoit des moments, s’en saisit, les ordonne. Pour cela, elle collecte et découpe dans des magazines de cinéma des années 1920 à 1960 des photographies en noir et blanc qu’elle morcelle en en sélectionnant certains détails et parties du corps. Il est dès lors question pour elle de créer un dialogue, celui qui s’instaure entre deux images, entre deux personnages, entre deux détails. Elle aime alterner plans larges et détails, y scruter un angle, une matière, y inventer des angles. Ces fragments visuels peuvent être associés, puis bordés par des bandes monochromes, elles aussi prélevées dans des vieux livres. Ces compositions graphiques et sensuelles génèrent ainsi une nouvelle histoire.

 

Afin de mieux faire sa connaissance, nous lui avons posé quelques questions

 

Si vous n’étiez pas artiste, qu’auriez-vous aimé faire ?
Une danseuse pour une compagnie de danse contemporaine

Votre plus belle photo / œuvre pour vous jusqu’à aujourd’hui ?
Sans hésiter, celle intitulée « Without », un travail réalisé en 2013 [photo ci-aposée]

Votre paysage favori ?
Ceux autour du Mont Kazbek et de l’église de la Trinité Gergeti, une église du XIVᵉ siècle située près du village de Guerguétie en Géorgie.

Vos couleur et matière préférées ?
Le bleu nuit et le papier des vieux magazines

Ce que vous appréciez / qui vous émeut dans les images que vous utilisez ?
J’espère que l’on y trouvera du réconfort.


©Katrien de Blauwer, courtesy Galerie les Filles du Calvaire

L’idée de l’œuvre parfaite ?
Je ne crois pas à la perfection.

Votre héros/héroïne dans l’histoire ? Et aujourd’hui ?
Henri Matisse et Anne Teresa De Keersmaeker.

Où aimez-vous écouter de la musique ?
Dans mon atelier.

Qu’est-ce qui vous inspire dans l’univers de l’opéra et de la musique classique ?
L’intemporalité de Bach.

© Katrien De Blauwer, courtesy Galerie Les filles du Calvaire, Paris

Retrouvez donc les œuvres « cut » de Katrien de Blauwer tout au long de la brochure 2018-2019 du Théâtre des Champs-Elysées. Pour découvrir la programmation de la saison prochaine, rendez-vous sur le site du Théâtre.

Pour en découvrir plus sur le travail de Katrien de Blauwer, vous pouvez voir certaines de ses œuvres à la Galerie Les Filles du Calvaire dans le 3e arrondissement de Paris, à la Gallery Fifty One à Anvers en Belgique, ou par exemple vous rendre sur son site ou son compte Instagram.

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