Nefes, l’Istanbul rêvée de Pina Bausch

Pendant plus de 20 ans, Pina Bausch et sa troupe ont parcouru les villes du monde, posant ci et là leurs valises, en pleine immersion, pour en rapporter des tableaux, des ambiances, des personnages. Nefés, l’un des derniers ballets de la chorégraphe allemande, prend ses sources dans la ville d’Istanbul. Les thèmes favoris de Pina Bausch s’y déploient au milieu d’un hammam, d’un souk bruyant et coloré, sur des musiques enivrantes.

En 2002, le réalisateur Hüseyin Karabey Avait suivi la troupe pendant leur séjour stambouliote, qui allait donner, un an plus tard, Nefés. Il n’y a pas de meilleure entrée en matière à la danse de Pina Bausch que ce documentaire poétique, presque sans paroles, une sorte de flash-back de téléréalité avant l’heure, où la caméra suit les danseurs dans les rues de la capitale turque et pendant les répétitions.

Un Nefés, littéralement « souffle » en turc, est à l’origine un hymne spirituel chanté avec ou sans accompagnement. Le ballet semble ainsi transi d’une sorte de nostalgie méditative. Pendant presque trois heures, les 20 danseurs alternent des solos, des duos et des processions de foule au naturel trompeur, tant elles sont réglées au millimètre.

L’un des ballets les plus “dansants” de la chorégraphe, Nefés explore ses thèmes favoris – le rituel, la démonstration du corps, les rapports de genre. On y retrouve aussi les éléments visuels qui ont fait sa marque de fabrique: l’eau, le bain, les cheveux longs (utilisés ici comme un voile), les jupes virevoltantes… Dans Nefés, l’eau envahit le centre de la scène, apparaissant à travers les fentes du plancher, grâce à une invention du décorateur Peter Pabst.

A voir au Théâtre des Champs-Elysées jusqu’au 12 juillet 2018.

Nefés, de Pina Bausch

Du 2 au 12 juillet 2018

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