PETITE HISTOIRE… des Viennois au TCE

L’Orchestre Philharmonique de Vienne et le Théâtre des Champs-Elysées, c’est une longue histoire et une série de traditions. Avant leur concert avec Zubin Mehta, découvrez cet orchestre mythique !

Après le concert, quittant leurs queues de pie d’apparat, les musiciens se dirigeront vers l’Atrium pour le traditionnel cocktail qui les attend après chacun de leurs concerts au Théâtre. Un secret de traiteur : ce sont les seules soirées où, au Théâtre, on sert de la bière. Honneur aux Viennois.

La venue à Paris de l’Orchestre Philharmonique de Vienne, assurément l’un des orchestres les plus mythiques au monde, est toujours un événement singulier. Plusieurs soirs par an, un public fidèle et pieux afflue en pèlerinage au Théâtre des Champs-Elysées pour y célébrer un culte voué à la musique symphonique. 

Officiellement, les histoires de ces deux institutions sont liées depuis 1924, année du premier concert des Viennois au TCE. Mais leur lien spirituel remonte bien plus loin. Dès la fondation – celle de l’orchestre en 1842, et celle du Théâtre en 1913 – on trouve dans les deux entités une même aspiration à l’excellence, et le même curieux mélange d’anticonformisme et de tradition. Lorsque Otto Nicolai fonde un orchestre totalement indépendant dont toutes les décisions sont prises par le vote démocratique des musiciens, imagine-t-il que cette forme de gestion subsistera jusqu’à nos jours ? En 1913, le non moins révolutionnaire Gabriel Astruc, sait-il que son Théâtre des Champs-Elysées, lieu unique voué à accueillir tous les arts et tous les genres, le fera encore cent ans plus tard, passant d’un opéra sur la Révolution Française à un ballet pour robots, puis à un concert de l’Orchestre Philharmonique de Vienne ? L’un et l’autre, l’Orchestre et le Théâtre sont restés des entreprises privées, tels les derniers gaulois dans un monde de la culture devenue souvent étatique.

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L’Orchestre Philharmonique de Vienne sous la direction de Hans Richter – DR

Un son reconnaissable entre mille, des cordes chatoyantes au vibrato si particulier, des bois à nuls autres pareils – le « Wiener Klangstil » est devenu institution ! Si le son de l’orchestre est en partie dû à certains instruments et techniques de jeu différentes, son excellence doit beaucoup au mode de sélection des musiciens. Tous ses membres ont réussi le concours d’entrée de l’Orchestre de l’Opéra de Vienne, et ne peuvent rejoindre l’Orchestre Philharmonique qu’après trois ans de probation à l’opéra ; comme au TCE, ils continueront à alterner opéras, ballets et concerts symphoniques tout au long de leur carrière.

Parmi les grands moments que compte la présence de l’Orchestre au Théâtre des Champs-Elysées, le concert légendaire des trois dernières symphonies de Mozart dirigées par Karl Böhm (aucun chef n’a osé reprendre la trilogie). Le moment fut d’une telle intensité qu’un jeune homme de 24 ans ayant assisté au concert ce soir-là en a été si marqué que, le jour où il est devenu directeur de ce même théâtre, c’est par un concert de l’Orchestre Philharmonique de Vienne sous la direction de Pierre Boulez qu’il a décidé d’ouvrir sa première saison.

Il s’agit bien sûr de Dominique Meyer, dont l’histoire d’amour avec l’orchestre ne s’arrête pas là, comme il le raconte lui-même ici : en 2007, « … deux délégués du Philharmonique de Vienne (…), juste avant une mémorable Huitième de Bruckner dirigée par Thielemann, vinrent me dire que l’orchestre souhaitait que je sois le prochain directeur de l’Opéra de Vienne ! Surprise… » On vous le donne en mille : le premier français à diriger l’Opéra de Vienne est un ancien directeur du Théâtre des Champs-Elysées.

Mais c’est à un autre directeur du Théâtre que l’on doit l’honneur d’avoir apprivoisé le monstre sacré. Au début des années 1990, lorsque l’Orchestre cherche à accroître sa présence à l’étranger, Alain Durel lui propose une « résidence » tant exceptionnelle qu’exclusive : plusieurs concerts par saison, tous dirigés par des plus grands chefs, toujours au TCE. Cette résidence continue depuis sans une seule interruption, si ce n’est celle de la cinquantième tournée, annulée en mars dernier en pleine tempête de neige !

Sous la direction de Michel Franck, l’Orchestre a atteint une véritable osmose avec les drapés de l’histoire du Théâtre en célébrant, en 2010, le Sacre du Printemps, œuvre fondatrice pour le TCE, en 2012, Beethoven avec l’intégrale de ses symphonies dirigées par Christian Thielemann et, en 2013, les Ballets Russes, avec L’Oiseau de Feu de Stravinsky.

 

Wiener Philharmoniker

Zubin Mehta

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