RENCONTRE avec Connor Walsh, danseur du Houston Ballet

Connor Walsh © Amitava Sarkar
Connor Walsh © Amitava Sarkar

VERSION FRANÇAISE

 

Connor Walsh, vous avez commencé à danser à 7 ans parce que votre mère était professeur de danse. Comment avez-vous décidé d’être danseur ?

Surtout aux Etats-Unis … avec les stéréotypes, ce n’est pas facile ! Le ballet est un art nouveau aux Etats-Unis. J’ai commencé parce qu’il y avait un garçon dans le cours de ma mère. C’était le seul garçon. Mon frère et moi, nous faisions nos devoirs tous les soirs au studio. Ma mère nous disait « allez, faites un cours ou deux, comme ça ce jeune homme restera et se sentira moins seul ». Alors j’ai fait un cours, puis deux, et puis cela fait vingt ans que je danse. Mon frère lui n’aimait pas ça. Il a arrêté.

Comment  décide-t-on de faire de la danse son métier ? Quand avez-vous eu le sentiment que c’était votre vie ?

C’est venu lentement. Je n’ai pas pris mon premier cours et dit « waouh  c’est ça que je veux faire ». Je suis parti faire un stage d’été, j’y ai pris beaucoup de plaisir. J’ai pris ça plus au sérieux quand ils m’ont invité pour une année. Je ne savais pas vraiment ce que je faisais. Quand j’ai rejoint le Houston Ballet, que j’ai vu la compagnie au travail pendant les répétitions, c’est là que je me suis dit « oh la danse c’est une vie incroyable ! ». Voir l’envers du décor, c’est cela qui a fait la différence pour moi. Je désirais cette vie. Ce n’était plus un passe-temps, comme ça pouvait l’être avant entre le football et la musique.

C’est la première fois que nous voyons votre compagnie en France. Nous sommes ravis de découvrir le style de votre compagnie, votre identité. Nous ne connaissons pas non plus Stanton Welch. Quel genre de chorégraphe est-il ?

En tant que chorégraphe, il a des styles différents : le ballet classique , néo-classique et aussi des choses bien plus contemporaines. Le ballet que vous allez voir est de style très classique, où la musicalité est très importante.

Stanton Welch est quelqu’un qui nous pousse constamment. Il accorde une grande importance à la technique. Mais il nous raconte aussi des histoires merveilleuses. Ainsi son ballet Marie, basé sur la vie de Marie-Antoinette, qui a été un grand succès à Houston est un très bon exemple de cela.

Vous commencez le projet avec Lang Lang, qui est un pianiste incroyable. J’ai lu que vous aimiez la musique, quel genre de musique écoutez-vous ? Jouez-vous d’un instrument?

Non malheureusement. Je crois que je suis trop perfectionniste pour commencer le piano maintenant. J’aime la musique, j’adore en écouter, aller aux concerts. Nous avons un superbe opéra à Houston et j’y vais souvent. J’écoute bien entendu de la musique classique. J’aime beaucoup la musique comme Phoenix ou Daft Punk.

Pouvez-vous nous décrire le projet ?

Lang Lang a découvert le Houston Ballet. Il a longuement discuté avec Stanton, de la musique, de la mise en espace. Lang Lang est quelqu’un de très ouvert, de très enthousiaste. Le contact est bien passé entre les deux. Stanton a beaucoup apprécié la sensibilité de Lang Lang.

La musique est de Chopin, qui est très romantique. Comment est la chorégraphie ? Très romantique aussi ?

Non c’est un ballet abstrait. C’est une succession de pas de deux, de solos, de pas de trois. Chaque séquence semble être narrative à sa manière. C’est très simple, c’est une danse très pure. C’est parfait pour ce Théâtre. Lang Lang est sur scène avec nous, il danse avec nous à sa manière.

Avez-vous participé au processus de la création ?

Quand Stanton Welch arrive pour travailler avec un groupe, il prépare avant et livre son travail. Mais quand on est en couple, il propose et voit ce qui est possible, selon les corps, les énergies des danseurs. Du coup, oui d’une certaine manière, nous avons participé à la création.

Des Grieux est votre rôle préféré. Pourquoi ?

Ce que j’aime dans ce rôle c’est le chemin du personnage. Il est authentique, et vous avez le temps de le trouver sur scène. Ce personnage me semble si naturel. J’aime ce ballet, parce qu’il y a tout dedans : l’amour,  le romantisme,  le drame, il est tout à Manon. J’aime ce ballet.

Avez-vous un chorégraphe préféré, avec qui vous aimeriez travailler ?

Au Houston Ballet, nous dansons du Kylián beaucoup. Je ne l’ai jamais rencontré, il ne voyage pas beaucoup. J’aimerais travailler avec lui directement. Il est également intéressant de travailler en collaboration avec un théâtre et un musicien comme ce projet. Pas un chorégraphe, mais un artiste. Deux personnes travaillant ensemble rendent le travail plus intéressant.

Qui admirez-vous ?

Un grand nombre d’artistes que j’admire sont ici ! Aurélie Dupont, j’ai vu tellement de vidéos d’elle. Manuel Legris est le meilleur danseur que je connaisse !

Le Théâtre est plein d’histoire. Comment vous sentez vous ici ?

C’est incroyable. C’est intéressant parce que nous dansons le Sacre du Printemps en ouverture de saison, pour fêter le centenaire. Ce Théâtre était donc déjà dans nos esprits. C’est une grande responsabilité de danser ici. Mais pas seulement, c’est aussi une grande responsabilité de partager la scène avec Lang Lang. La compagnie mérite cela.

Il y a quoi dans votre sac de danse ?

Il y a beaucoup de balles ! De tailles différentes, pour différents muscles. Des chaussures,  un parapluie, mon Ipad, parce que je dois apprendre Apollo de Balanchine, des vêtements…

Que faites-vous avant de monter sur scène ?

Je m’échauffe tranquillement. Je discute avec mes camarades. Je ne réfléchis pas trop. Je me détends. J’aime bien être près des gens.

LANG LANG DANCE PROJECT - SONS DE L AME -

Lang Lang Dance Project – Sons de l’Âme
Lang Lang (piano) – Connor Walsh © Vincent PONTET/WikiSpectacle

 

ENGLISH VERSION

 

You began to dance at 7 because of your mother who was a dance teacher. How did you decide to become a dancer?

Especially in America… Stereotypes… you know! Ballet is the younger art in America. I started because there was another boy in the class. He was all by himself, he was the only boy. My brother and I were doing homework everynight at the studio. My mother said « come just for one class, two classes, so he’ll stay and feel comfortable » So I join for 1 class, 2 classes and … 20 years. My brother tried but didn’t enjoy.

How did you decide to do it as a job? When did you understand that dance was going to be part of your life?

It was slow. I didn’t take my first class and say « waouh ! ». I went away to summer camp and I said « oh it’s a lot of fun ». And I took it more seriously when they invited me for the year. I didn’t really know what I was doing. Then I joined The Houston Ballet, I saw the company, the work, the rehearsals, Oh my god, it’s an incredible life! It’s not just a hobby, it’s a life! Having seen behind the stage, that made the difference for me. Before it was just a hobby, I played soccer, I listened to music, that was all the same.

It is the first time your company come to France. We are really excited to discover the style, the identity. We don’t know the work of Stanton Welch, what kind of choreographer is he?

As a choreographer he has different styles: classical ballet, neoclassical and also very modern works. This ballet, we are bringing, is very classical, with a beautiful musicality. He brought to the company his raise of technical standards. He is constantly pushing us, in the work and in his choreography. But he also tells us wonderful stories. For example Marie, based on the life of Marie-Antoinette, was a huge success in Houston. It’s a very beautiful ballet.

You started the project with Lang Lang who is an amazing pianist. I read that you love music, what kind of music do you listen to? Do you practice any instrument?

No I don’t! I’m too perfectionist. It’s hard to start a new hobby. I love music, I love going to concerts. I love classical music and opera; we have a wonderful company in Houston. I also love alternative music, like Phoenix, Daft Punk.

Could you tell us more about this project? We don’t know much really; just that Lang Lang had this idea in the first place. How did it all start?

The Houston ballet has been introduced to Lang Lang and, then, with Stanton, they talked about the music. Lang Lang was very open-minded, enthusiastic. He let Stanton a lot of freedom, for the structure. Stanton would like to be sensitive to Lang Lang.

The music is by Chopin, who is the most romantic composer of all. Could you say that the choreography is romantic as well?

No it’s abstract. It’s a sequence of pas de deux pas de trois. Each one seems to be narrative. It’s very simple, very pure. Solo piano, solo dancer, it’s very intimate. It’s perfect for this theater.

Lang Lang is on the stage with us, he dances with us.

Did you take part in the process of creation?

When he comes for a group stuff Stanton is very prepared, but when he comes for partnering, he let us try, see what it’s possible with the dancers.

Des Grieux is your favorite role. Why?

The thing I like about Manon, it’s the path the character follows. It’s so genuine. You have the time to develop your character. The character feels natural for me. I love the romance, the drama, the love, you find everything in Manon. I love this ballet.

Do you have a favorite choreographer you would like to work with?

In the company, we dance Kylián a lot. I never meet him, he doesn’t travel a lot. I would love to work with him directly. It’s also interesting to work in collaboration with a theater and a musician like this kind of project. Not a choreographer, but an artist. Two people working together make the work more interesting.

Whose dancers do you admire?

A lot of them are here! Aurélie Dupont, I saw so many of her videos. Manuel Legris is the best.

The Theatre des Champs-Elysées is full of histories with great dancers. How does it feel to dance on the same stage that had seen Nijinsky?

It’s amazing. It’s interesting because we dance the Rite of Spring. So this theater was already in our mind. It’s a big responsibility, but also to share the stage with Lang Lang. The company deserves such a responsibility.

Tell us what is in your dance bag.

There are a lot of balls! Different sizes, for different muscles. Shoes, an umbrella, my Ipad, because I have to learn Apollo from Balanchine, clothes…

What do you do before going on stage?

I just warm up, talking with my friend. I don’t over think. I like to be around people, to relax.

 

Laura Darrieussecq
http://www.leschroniquesdunpetitratparisien.com/

Crédit photo miniature © Amitava Sarkar

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