Une semaine, un violoncelle. Avant le Grand week-end violoncelle les 21-23 février 2020, nous vous présentons chaque mercredi l’un des artistes à l’honneur. Aujourd’hui, rencontre avec Alexander Kniazev et son partenaire, bien connu des spectateurs du TCE où il se produit chaque saison en soliste, le pianiste Andreï Korobeinikov.

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Quand vous êtes-vous rencontrés ?

Alexander Kniazev : C’était il y a douze ans, en 2008, à Nantes.

Andrei Korobeinikov: Avec la première sonate de Brahms et les chansons de Brahms

Kniazev: Tout à fait, je m’en souviens moi aussi

Qu’est-ce qui vous surprend chez l’autre ?

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Kniazev: Moi, je peux répondre. Andriucha me surprend toute ma vie. Parce qu'il vit plongé dans la musique. C'est un partenaire très facile pour moi - facile dans le sens le plus noble du terme - parce qu'on se comprend vraiment à demi-mot.   En plus, il a des idées incroyables dans la musique, parfois même paradoxales, surprenantes, inattendues... et qui finissent presque toujours par me convaincre.  

Korobeinikov: Il y a un détail qui me frappe, c'est son incroyable énergie, une force énergétique Et la deuxième chose, c'est bien sûr le son complètement inimitable. D'ailleurs, pas qu'en violoncelle - Sacha joue de l'orgue, des oeuvres absolument incroyables, et on entend d'emblée que son âme à travers la musique. Lui seul peut sonner ainsi.  

Avez-vous des désaccords ?

 

Kniazev : Ce sont plutôt des penchants de musiciens. Par exemple, Andriucha est un interprète fantastique de Scriabine. Tandis que moi, tout simplement, je connais peu Scriabine, je ne suis pas encore arrivé à lui. Mais je sens que toi, tu vis littéralement dans cette musique.  

Korobeinikov : Moi, par exemple, je ne suis pas encore arrivé à Reger, alors que tu en as déjà enregistré une intégrale.  

Comment avez-vous choisi l'instrument que vous alliez jouer ?

 

Kniazev : Je n'ai rien choisi. J'avais six ans, et ce sont mes parents qui ont tout fait. Je pense que c'était un pur hasard. Papa m'avait amené à l'école Gnessine, en plein milieu de novembre - on y est entré complètement par hasard, parce qu'on se promenait dans Moscou... Il a vite fait la connaissance du directeur, j'ai vite passé un examen... Je ne sais pourquoi, mais quelqu'un a dit que j'avais des mains de violoncelliste. Je pense que parler de "mains de violoncelliste" chez un enfant de six ans c'est un fake total. Et pourtant, c'est ainsi que c'était arrivé !  

Korobeinikov: Pareil ! Tout avait été décidé pour moi. Une orthophoniste a dit de m'inscrire à la chorale pour que je m'y fasse la voix. Lors de l'examen d'entrée, j'ai chanté une chanson, après quoi ils m'ont tout de suite déclaré que je devais faire du piano ! Voilà tout !  

Votre premier choc musical ?



  Kniazev : Je m'en souviens très bien. J'avais trois ans, et mon père aimait passionnément la musique classique, il n'écoutait que ça. Nous avions des vinyles - Bach, Mozart et Beethoven. Ah oui, et Schubert. Mon père n'allait pas au-delà. Et je me rappelle très bien le choc devant le 5e concerto brandenbourgeois, surtout la deuxième partie. Je demandais de l'écouter 50 fois par jour  

Korobeinikov: Ma mère aussi me faisait écouter un vinyle un assortiment d'oeuvres de musique classique. Elle même écoutait plutôt des chansons à texte, mais il y avait un disque qui me plaisait vraiment, et aujourd'hui, je me souviens surtout de mes émotions - à l'époque où je devais avoir trois ans - c'était la 1ère partie de la sonate "Clair de lune" de Beethoven  

Alexandre, quel est selon vous le bis préféré d'Andreï ?

 

Kniazev : J'ai très récemment vu à la télévision un enregistrement splendide d'un des concerts d'Andreï, fait il y a quelques années avec un concerto de Scriabine. C'était un concert formidable, et le bis était la célèbre étude en ré dièse mineur. Je pense que ça doit être l'un de ses préférés !  

Korobeinikov : c'est l'un de ceux que j'aime le plus !  

Kniazev : C'était incroyablement interprété, avec une espèce d'élan cosmique... Je pense, Andriucha, je ne sais pas si tu le joue souvent en bis...  

Korobeinikov : très souvent 

Kniazev : ah, voilà, donc j'ai visé juste ! En tout cas, j'aimerais bien que tu le joues souvent, parce que c'était formidable. 

Andrei, quel est selon vous le bis préféré d'Alexander ?

 

Korobeinikov : Ces dernières années, oui, il y en a un, en tout cas, un bis que nous aimons beaucoup donner lorsqu'il n'est pas au programme, C'est le finale de la troisième sonate de Brahms pour violon 

Kniazev : il y en a eu d'autres, mais oui, en ce moment, notre préféré, c'est le finale !
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