La Petite Renarde rusée de Janáček est un opéra-fable, mettant en regard animaux et hommes. Un ouvrage placé sous le signe de la grâce et de la poésie d’un conte humaniste où destinées humaines et animalières s’entrecroisent avec humour, fantaisie et mélancolie.

De longue date, les compositeurs ont porté un intérêt particulier à nos amis à plumes, poils ou écailles. Au-delà d’être un sujet particulièrement prisé en souvenir des comptines enfantines, des fables de La Fontaine ou des grands mythes de l’humanité, ils furent aussi une source d’inspiration directement pour leur musicalité (ne parle-t-on pas d’ailleurs du chant pour les oiseaux ?), démarches, qualités humanistes et finalement pour une analogie certaine avec les humains. Les musiciens ont ainsi de tout temps célébré les meilleurs amis de l’homme. Voici un bref bestiaire musical long de cinq siècles d’histoire de la musique.

Honneur aux oiseaux

Frans Snyders (1579-1657) – Le Concert des oiseaux – Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg

Ceux glorifiés par Clément Janequin, l’alouette par Haydn (son quatuor op. 64), la Pie (voleuse) par Rossini, le Coq (d’Or) par Rimski-Korsakov, le cygne par Tchaïkovski et Grieg, l’hirondelle par Puccini, l’albatros par Chausson, L’Oye par Ravel, l’Oiseau (de feu) par Stravinsky jusqu’à Messiaen. Les insectes ne sont pas en reste dans cette histoire… Depuis les abeilles de Couperin, les papillons de Schumann, la coccinelle de Bizet, la polka de la libellule de Strauss, le bourdon de Rimski-Korsakov et la puce de Moussorgski, les sauterelles de Prokofiev, jusqu’aux récentes fourmis de Philippe Fénelon.

Petits paysans surpris par un loup – Planche anatomique ancienne

Il nous faut également citer les brebis de Bach, les grenouilles de Rameau, les cochons (roses) de Chabrier, l’effrayante araignée et son festin de Roussel, les biches mais aussi la carpe, l’écrevisse… de Poulenc, la chèvre d’Honegger, le loup de Dutilleux, le renard de Stravinsky… Mais c’est bien le chat qui trône en majesté dans ce corpus, particulièrement célébré par Rossini, Fauré, Prokofiev, Stravinsky… Et parfois tout ce petit monde à poils et plumes se retrouve comme dans Le Carnaval des animaux de Saint-Saëns, Pierre et le loup de Prokofiev ou L’Arche de Noé de Britten…

Des pages qui donnent l’occasion de toucher petits et grands, les plus jeunes séduits par le monde dont ils se sentent proches, les plus « grands », comme source de méditation sur le sens et les valeurs de la vie. C’était justement le propos de Janáček et de son ouvrage où hommes et animaux sont placés à égalité… ou presque. Une façon moderne d’envisager la place de l’homme sur terre et sa responsabilité dans l’idée du « vivre ensemble »…  Un sujet éternellement d’actualité.

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