Sur ses 21 ans, la première rencontre avec l’orchestre philharmonique de Saint-Pétersbourg et le début de sa carrière

Ah, je m’en souviens très bien – je venais de gagner le concours Tchaïkovsky. On fêtait je ne sais quel jubilé de Piotr Ilich (les 150 ans de sa naissance, le 7 mars 1991, ndlr) et, en tant que jeune lauréat, j’avais eu la possibilité de m’y produire pour jouer le 1er concerto de Tchaïkovsky. C’était magnifique, bien sûr. (pour revoir le concert en vidéo, c’est par ici, ndlr)

J’étais estomaqué d’avoir été si bien payé. C’était tout juste le début de ma carrière. Tout ça était très mignon, et c’était ma première fois avec cet orchestre.

Nous avons continué à jouer ensemble, mais ce n’est qu’il y a 7 ans que nos relations sont devenues vraiment amicales. On s’aime vraiment beaucoup !

Sur les amitiés en musique

Je me suis vraiment lié d’amitié avec le hautbois solo, qui est extraordinaire. Le premier violon est un ami. On a vraiment fini par former un groupe de copains.

Sur l’influence de la ville sur le son d’un orchestre

Un son magnifique, mat, très intime. Il ressemble beaucoup à la ville de Saint-Pétersbourg, qui a la réputation d’être une ville très cultivée, policée – les touristes s’étonnent toujours de pouvoir demander leur chemin à n’importe qui dans la rue et obtenir une réponse polie, ça n’arriverait jamais à Moscou ! (rires)

Le son de l’orchestre n’est peut-être pas aussi éclatant, aussi volumineux que celui de l’Orchestre d’Etat (basé à Moscou, ndlr), mais il a une beauté et une intimité qui le distingue de tous les autres.

Sur les a priori et comment un orchestre russe peut peut tirer son épingle du jeu face à la musique allemande

Disons que Brahms (Boris Berezovky interprétera le 2e concerto de Brahms avec l’Orchestre philharmonique de Saint-Pétersbourg, ndlr) est un compositeur presque slave. Il est très émotionnel, ce qui est propre à la musique russe – pensez seulement aux Danses hongroises. Il a joué comme tapeur à Hambourg un certain temps, et aimait beaucoup la musique tzigane. Cette partie de Brahms, non-académique, est très proche pour les russes. Quand au côté académique – ce mot est dans le nom de l’orchestre (Orchestre symphinique académique de la Philharmonie, ndlr) ! Le tout donne un très bon mix. Je suis sûr que ce sera mieux que ce que les allemands eux-mêmes pourraient jouer ! (rires)

Sur Yury Termikanov, la légende

C’est un homme bon, très musicien, très charismatique qu’on aime dans le monde entier. Il n’y a pas besoin d’en rajouter – au fil des ans, il est devenu une légende. Je ne peux que lui souhaiter des années devant lui.

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