Première apparition de Christa Ludwig au Théâtre des Champs-Elysées, 1956.

Une sublime mezzo nous a quittés samedi. Retour sur ses grands moments sur la scène du Théâtre des Champs-Elysées.

Une première apparition suprise

Théâtre des Champs-Elysées, 22 février 1956. Ce soir-là, Christa Ludwig remplaçait au pied levé Rosl Zapf dans le rôle d’Octavian du Chevalier à la rose de Strauss lors d’une tournée de l’Opéra de Francfort sous la direction de Georg Solti.

Quatre ans plus tard, elle revenait avenue Montaigne avec l’un de ses mentors, Karajan, pour une Neuvième de Beethoven avec les Berliner puis et surtout pour un mythique Requiem de Verdi qui marqua tant les esprits de l’époque (à ses côtés, Mirella Freni, Carlo Cossutta et Nocolaï Ghiaurov). Deux jours plus tard, Jacques Lomchampt rendait compte dans Le Monde de son émotion en ses termes : « On aimerait revoir, réentendre ces ensembles parfaits, le murmure des lèvres de Ludwig sur Liber scriptus, la note de Cossutta sur Hostias, le chant du hautbois accompagnant l’Ingemisco, ce Dies irae d’airain des chœurs que Karajan ne veut pas affaiblir en une course à l’abîme. »

(enregistré dix ans plus tard, en 1970, voici le fameux “Liber scriptus” de Christa Ludwig dont parle le journaliste du Monde)

Dans les années 1970, on l’entendait régulièrement au TCE à l’invitation du tout jeune Orchestre de Paris, souvent avec Solti (Château de Barbe Bleue, Lieder Eines Fahrenden Gesellen, Das Lied von der Erde) ou avec Ozawa (Troisième de Mahler) et Daniel Barenboïm (Kindertotenlieder). Puis il y eu un second Requiem de Verdi, cette fois-ci avec Claudio Abbado (1979) et l’Orchestre de la Scala.

Tournée d’adieu

Le 19 février 1993 : Christa Ludwig avait choisi le Théâtre des Champs-Elysées pour débuter sa tournée d’adieux à la scène. Elle y interprétait les lieder qui avaient marqué sa vie : Schubert, Mahler, Schumann, Wolf et R. Strauss.

Un dernier coup de fil

On se souvient aussi d’un appel téléphonique reçu par hasard en mars 2000 où l’on entendit une voix charmante mais décidée vous dire : « Je suis de passage à Paris et il faut que je vienne ce soir au concert, c’est MON orchestre qui joue ». Ce soir-là, Seiji Ozawa dirigeait les Wiener Philharmoniker dans Brahms. Christa Ludwig avait quelque temps plus tôt été nommée Membre d’honneur de la phalange viennoise. C’était donc bien SON orchestre.

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