La mezzo-soprano Eléonore Pancrazi est l’une des chanteuses françaises que l’on a vu le plus progresser ces dernières saisons. Eblouissante Carmen au TCE la saison dernière, elle troque ses bas résilles pour un costume de page dans Les Noces de Figaro, sous la direction de James Gray. En sa compagnie, faites-vous la petite souris que vous avez toujours voulu être et pénétrez dans le studio de répétition aux côtés de James Gray et Jérémie Rhorer !

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Le personnage de Chérubin, de manière générale, je le sens d’une très grande liberté. Il a cette insouciance de la jeunesse qui fait qu’il ne se pose pas de questions, il avance…

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Chérubin, ce jeune échevelé

  Le personnage de Chérubin, de manière générale, je le sens d'une très grande liberté. Il a cette insouciance de la jeunesse qui fait qu'il ne se pose pas de questions, il avance, et il laisse parler ses passions et du coup il vit. Et sa façon de vivre les choses est en même temps très honnête.  

Deux airs et mille possibilités

  Les particularités musicales des deux airs de Chérubin, c'est qu'ils sont très différents l'un et l'autre. C'est pour ça que c'est un rôle super. On n'est peut-être pas très longtemps sur scène, mais on peut montrer vraiment énormément de choses parce que les deux airs n'ont rien à voir.   Le premier, il est très rapide, très palpitant, très haletant, et le deuxième c'est n'est que de la ligne, c'est très legato, c'est tout sur le souffle.  

Tous acteurs ?

  Le travail avec James Gray, c'est absolument passionnant parce qu'il nous fait vraiment travailler comme il fait travailler ses acteurs au cinéma. C'est à dire qu'il nous laisse faire la scène qu'on travaille ce jour-là une fois en totale impro. Et ensuite on parle de la psychologie des personnages et il veut vraiment que ce soit très sincère. Il ne veut pas que l'on soit dans l'imitation de quelque chose ou qu'on essaie de faire quelque chose - non, il veut vraiment qu'on ressente les choses.   Donc à chaque fois qu'on doit jouer un sentiment, une situation, il essaie toujours de ramener ça à une expérience personnelle et finalement on ne prend pas toujours ce temps-là à l'opéra. Donc là, c'est extraordinaire, c'est vraiment fascinant dans le travail de l'acteur.  

Mozart, ça ne pardonne rien… (mais on on en rêve)

  Musicalement Mozart est juste parfait. On a évidemment un texte de Da Ponte qui dit tout, mais même sans le texte, musicalement, on a tout compris, dans ses différences et ses ambiguïtés. A chanter, c'est très difficile parce que ça ne pardonne rien, en fait. Il faut être dans quelque chose de très très très précis. Techniquement, musicalement aussi dans son travail de la musique et de l'italien. Mais, avec Mozart, c'est comme ça. Il y a une évidence : c'est à dire, qu'on l'écoute ou qu'on le chante, c'est juste un pur bonheur. On a beaucoup de chance.
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