Impossible à prononcer ? Impossible à l’oublier, tant la chef d’orchestre lituanienne impressionne lors de ses concerts. Ce mois-ci, elle sort son premier CD chez Deutsche Grammophon (elle est la première femme chef d’orchestre signée par le label) et emmène sa complice Yuja Wang en tournée dans les plus belles salles de concert européennes, dont le TCE le mercredi 22 mai prochain.

Les débuts: un art, mais lequel ?

Née en 1986, Mirga Gražinytė grandit dans une famille de musiciens – sa mère est pianiste, son père, chef de chœur, sans compter une grand-mère professeur de musique réputée en Lituanie, une grande-tante compositrice et un grand-oncle organiste ! Curieusement, c’est la peinture et le français qu’elle étudie tout d’abord. Ce n’est qu’à 11 ans qu’elle prend le virage de la musique. Mais à cet âge, la seule discipline qui lui est accessible, c’est la direction de chœur. Banco ! Elle s’inscrit. Elle poursuit la carrière de chef de chœur, puis de chef d’orchestre sans jamais avoir joué d’un instrument au niveau professionnel. Si aujourd’hui elle joue de plusieurs instruments, sa technique et sa sensibilité viennent du chant.

Aux origines de “Tyla”

Et non, il ne s’agit pas du nom de son mari ! (on préfère le préciser, tant les recherches “Mirga Gražinytė-Tyla mari” sont fréquentes sur Google). Il y a quelques années, lorsque Mirga Gražinytė devait choisir un nom de scène, elle a décidé de rajouter Tyla (“silence”, en lituanien) à la fin de son nom de famille. “L’histoire du nom était en réalité un peu enfantine“, rit-elle. “L’idée était d’en choisir un, car je trouvais que le nom finissait toujours par nous transmettre certaines de ses caractéristiques“, raconte-t-elle à l’interviewer du Irish Times. Voilà qui est un choix original pour quelqu’un qui est connu pour son enthousiasme exubérant… et ses séances de chants collectifs dans sa loge !

Comment prononce-t-on donc Mirga Gražinytė-Tyla ? Petit cours de prononciation ! Cliquez sur le bouton play ci-dessous et répétez après nous :

Après le concert, dans sa loge…

Mirga Gražinytė-Tyla chante ! Avec des membres de sa famille ou des amis qui assistent au concert, ces petites after parties sont devenues sa marque de fabrique. Il est même arrivé que des danseurs se joignent à la soirée… “D’une certaine façon, on pourrait réduire toute la musique, les plus grandes pages de la musique classique, ces partitions magnifiques et complexes à leurs deux origines: le chant et la danse, des pratiques qui viennent des besoins les plus archaïques des êtres humains“.

Mirga Gražinytė-Tyla en répétition avec l’orchestre du Metropolitan Opera

Qu’a-t-elle fait jusqu’ici ?

S’il suffisait, pour percer dans le monde de la direction d’orchestre, d’être une femme et d’avoir 32 ans, cela se saurait… Et, dans le cas de Mirga Gražinytė-Tyla, ce n’est même pas un facteur ! Jamais sa compétence n’a été remise en cause, ni par les musiciens, ni par les critiques. Depuis sa révélation au concours de jeunes chefs d’orchestre de Salzbourg et les années passées en tant que chef d’orchestre assistant de Gustavo Dudamel au LA Philharmonic, jusqu’à sa nomination à la tête du CBSO (Orchestre symphonique de Birmingham), où elle prend la suite de Sir Simon Rattle et d’Andris Nelsons, on ne parle que de sa direction précise et brillante, de ses mouvements dansants et de son enthousiasme inébranlable.

Aux côtés de Yuja Wang dans le concerto n°5 de Prokofiev, Mirga Gražinytė-Tyla et l’Orchestre de Birmingham devraient faire des étincelles au TCE !

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