Anna Aglatova et Vannina Santoni dans Les Noces de Figaro, dans la mise en scène de James Gray pour Le Théâtre des Champs-Elysées

Lors de chaque répétition générale, Michel Franck (le directeur général du TCE, ndlr) prononce un bref discours pour présenter l’opéra, la mise en scène et les artistes au public. Nous publions, dans cette rubrique, ses notes – une entrée en matière façon “executive summary” en 2 minutes top chrono!

Bonjour et bienvenue à cette répétition générale des Noces de Figaro. La dernière nouvelle production des Noces à Paris remonte à 2001, ici même avec Jean-Louis Martinoty, production reprise de nombreuses fois avec succès fois par Dominique Meyer ; et l’Opéra de Paris présente toujours la légendaire production de Giorgio Strehler de 1975 ! Il était grand temps que Paris offre une nouvelle version de cette Folle journée.

Pourquoi James Gray à la mise en scène ?

L’idée est venue d’une conversation avec Jérémie Rhorer où nous cherchions une idée de metteur en scène qui pourrait faire honneur au texte de Beaumarchais / Da Ponte et à la musique de Mozart. La conversation est partie sur le cinéma, et nous sommes arrivés assez vite à  James Gray dont l’art de la narration est une des caractéristiques de son cinéma. J’ai re-regardé tous ses films et réalisé que leur point commun était les rapports sociaux et familiaux… ce qui est la base même du livret des Noces ! Puis j’ai lu le formidable livre sur lui de Jordan Mintzer et découvert avec grand intérêt… qu’il était un amateur et grand connaisseur d’opéra depuis son adolescence (quand je l’ai rencontré pour la première fois à Los Angeles, il m’a chanté des phrases entières d’’opéra de Janáček que j’aurais été moi-même incapable de chanter).

Anna Aglatova (Susanne) et Stéphane Degout (Le Comte)
(c) photo Vincent Pontet

Il a fallu un certain temps pour trouver un moyen de le joindre, encore beaucoup de temps pour le convaincre… et le voici ! Il signe donc ici sa première mise en scène d’opéra avec une direction d’acteurs au plus proche des émotions voulues par Mozart et Da Ponte, dans le plus pur respect de la grande tradition du 18ème siècle …  “Qui suis-je pour vouloir oser transposer Mozart“, dit-il… La justesse des sentiments, selon James Gray, est telle chez Mozart qu’il ne souhaite pas attirer le regard ailleurs. Il a passé son temps avec tous les chanteurs (les acteurs !) non pas à leur dire ce qu’il fallait qu’ils fassent, mais à chercher en eux des résonances dans leur propre vécu des situations qui étaient en jeu. Cela donne une justesse de jeu vraiment stupéfiante de naturel.

La fine équipe

Passer du cinéma à l’Opéra était une gageure pour James, sans pouvoir faire ni de gros plans, ni ralentir le temps : il remporte ce challenge à l’évidence avec un talent à la mesure de ses films. Thank you so much, James ! Et merci à ton équipe, Gilles Rico, ton assistant, qui mettra en scène ici même Les Petites Noces en Janvier, Santo Loquasto,  Bertrand Couderc, Ghyslaine Lefever,  et Christian Lacroix qui apportent tant à ce spectacle, avec une inspiration plus proche de Goya que de Marie-Antoinette.

L’équipe des Noces de Figaro, en répétition avec James Gray
(c) photo Alina Sepp

Une distribution de haut vol pour servir ces Nozze  : Vannina Santoni, notre… votre Traviata de l’année dernière, Stéphane Degout (Oreste dans Iphigénie) , Robert Gleadow (Leporello, Basilio), Anna Aglatova qui fait ses débuts au Théâtre en Susanne tout comme Florie Valiquette en Barberine, Eleonore Pancrazi, Jennifer Larmore, Carlo Lepore, Mathieu Lecroart Mathias Vidal, Rodolphe Briand, Le Chœur Unikanti.

Dans la fosse, je ne vous présente plus Jérémie Rhorer et Le Cercle de L’Harmonie qui ont déjà beaucoup célébré Mozart dans cette maison, mais aussi Spontini, Rossini et Verdi… D’ailleurs, leur premier concert au Théâtre des Champs-Elysées était, en septembre 2007, Les Noces de Figaro !

Je vous souhaite une folle soirée !

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