Iphigénie en Tauride, ms de Robert Carsen, Théâtre des Champs-Elysées

Lors de chaque répétition générale, Michel Franck (le directeur général du TCE, ndlr) prononce un bref discours pour présenter l’opéra, la mise en scène et les artistes au public. Nous publions, dans cette nouvelle rubrique, ses notes – une entrée en matière façon “executive summary” en 2 minutes top chrono!

Bonsoir, et bienvenue à cette représentation d’Iphigénie en Tauride ! Si vous ne connaissez pas la partition d’Iphigénie en Tauride, créée en 1779, sachez que Mozart l’a beaucoup entendue et s’en est énormément inspiré, notamment dans les récitatifs accompagnés que vous connaissez dans Don Giovanni.

La mise en scène

Je voudrais tout d’abord remercier Robert Carsen, le metteur en scène de cet opéra.
Quand nous avons parlé ensemble il y a plus de 3 ans de L’Orfeo que je voulais monter pour Philippe Jaroussky et que vous avez vu ici l’année dernière, Robert a tout de suite accepté et m’a dit qu’il souhaitait montrer à Paris cette production d’Iphigénie qu’il avait faite à Chicago, Covent Garden et Madrid notamment… et que je n’avais pas vue. Robert m’a avoué qu’il la considérait comme une de ses plus belles !  J’ai regardé une captation et j’ai tout de suite dit oui, même si ce n’est pas une œuvre à laquelle j’avais pensé pour tout de suite… tellement la force du spectacle est immense.
Merci Robert, à toi et toute ton équipe, notamment Christophe Gayral,  qui a permis de remonter ce chef d’œuvre.

Scène de spectacle (chorégraphie Philippe Giraudeau) (c) Vincent Pontet

Petit rappel de mythologie

Histoire ô Combien tragique et sombre, intense et forte émotionnellement. Iphigénie, qui devait être immolée par son père Agamemnon pour permettre l’expédition de Troie, a été sauvée par Diane qui en a fait sa prêtresse et transportée en Tauride, alors que sa famille la croit morte. Au début de l’opéra elle se réveille d’un cauchemar où elle voit le palais de son père envahi par des meurtriers. Le roi des Scythes Thoas, à qui un oracle a prédit qu’il mourrait de la main d’un étranger, demande à Iphigénie de sacrifier l’un des deux étrangers qui viennent d’accoster. Ce sont Oreste (frère d’Iphigénie, qu’elle n’a pas vu depuis 15 ans) et son ami Pylade.


C’est lors de duos d’une beauté incroyable qu’Oreste restitue à Iphigénie les faits qu’elle ignorait: que sa mère, Clytemnestre, l’a vengée en tuant Agamemnon, et que son frère Oreste a vengé son père en tuant Clytemnestre. Les dieux s’acharnent contre cette famille. Ce n’est qu’au moment d’être exécuté qu’Oreste révèle à Iphigénie qui il est…

La distribution

Paolo Fanale (Pylade) et Stéphane Degout (Oreste)

Pour servir ce chef d’œuvre, les solistes seront entourés par 20 danseurs et 10 comédiens. Dans le rôle-titre, Gaëlle Arquez, tragédienne née à la voix de velours, fait ses débuts au Théâtre. Stéphane Degout, notre immense baryton que l’on ne présente plus et que nous reverrons cet automne dans Les Noces de Figaro, est Oreste. Paolo Fanale, au style impérial, est son ami Pylade. Le baryton Alexandre Duhamel est impressionnant en Thoas. Ils sont rejoints par Catherine Trottmann, Charlotte Despaux, Francesco Salvadori, Victor Sicard.

Dans la fosse, Thomas Hengelbrock et son Balthasar Neumann Ensemble et Chœur, qu’il a façonné d’une manière spectaculaire et qui est devenu une référence dans ce répertoire.

Je vous souhaite une belle soirée, un bon voyage dans la mythologie, le drame et l’émotion à l’état pur !

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