© Simon Pauly

Quelle est votre interprétation favorite des Quatre Derniers Lieder de Richard Strauss ? Cette œuvre testamentaire est comme une consécration pour les grandes sopranos, tel un rite de passage auquel on ne se confronte pas avant d’être fin prêt.

Au même titre que Maria Callas pour Norma, longtemps l’interprétation des Quatre derniers lieder de Richard Strauss, œuvre testamentaire du musicien, par Elizabeth Schwarzkopf s’imposa comme l’une des plus incarnées et des plus sensibles. Elle les a gravés à plusieurs reprises, dès 1953 avec Otto Ackermann et le Philharmonia ou dans les années 60 avec Karajan. La beauté de sa voix y est sidérante, capable des plus infinies modulations dans les couleurs comme dans les dynamiques. Les spectateurs du Théâtre des Champs-Elysées du milieu du XXe siècle ont eu le plaisir de l’entendre interpréter ce cycle en janvier 1957, sous la direction de Pierre Dervaux à la tête de l’Orchestre de la Société des concerts.

A partir des années 60, ces « mélodies de la maturité et de la mort » seront données à plusieurs reprises sur cette scène par quelques-unes des plus belles voix du moment : Teresa Sitch-Randal avec Maurice Le Roux en 1960, Gundula Janowitz en 1966 puis 1971. Les années 70 donneront elles l’occasion d’entendre notamment les interprétations de Montserrat Caballé et Felicity Palmer. Margaret Price les chantera à trois reprises au cours des années 80 tandis que Lucia Popp sera invitée en juin 1989 par Marek Janowski pour le concert célébrant le 125e anniversaire du musicien. Le XXIe siècle verra la venue d’une nouvelle génération d’interprètes comme Soile Isokovski (en 2001 avec Jukka-Pekka Salonen), Mélanie Diener (avec Bernard Haitink et le National), Deborah Voigt (de nouveau le National mais avec Kurt Masur), Karita Matilla (avec l’Orchestre de la BBC et Jiri Belohlavek en 2009).
Plus récemment, les sopranos Diana Damrau – à venir écouter dans un répertoire straussien à nouveau le 18 septembre 2021 – et Elsa Dreisig (avec Jonathan Ware au piano en 2020) interprétaient à leur tour ces Lieder.

La soprano américaine Rachel Willis-Sørensen, que nous avions découverte il y a deux ans dans un récital exceptionnel avec Jonas Kaufmann, sera sur la scène du Théâtre aux côtés de l’Orchestre National de France le jeudi 14 octobre 2021 pour s’attaquer à cette partition monumentale. Peut-être deviendra-t-elle votre version de référence ?

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