Piotr Ilitch Tchaïkovski – Droits réservés

L’événement Onéguine

Cette nouvelle saison 2021-2022 sera particulièrement marquée par une présence du répertoire russe sous ses formes musicales les plus diverses.

Commençons cette exploration par une rareté avenue Montaigne avec une nouvelle production d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski, un répertoire lyrique que l’on n’entendait plus dans cette salle depuis les cycles retentissants du Mariinski dans les années 1990. Si les forces musicales et vocales de Saint Pétersbourg nous avaient alors régalés de plusieurs grandes pages de leur répertoire national, Onéguine fut le grand absent de leurs différents séjours parisiens. Et pourtant, il fait partie des plus beaux ouvrages inspirés par le poète Pouchkine à Tchaïkovski qui en composa une version opéra à la fois intimiste et nostalgique. Mélodiste et orchestrateur de génie, Tchaïkovski magnifie ici toute la palette des sentiments qui animent trois jeunes gens pris dans les affres des premiers émois amoureux, des doutes, de la nostalgie d’un passé à jamais révolu et des occasions manquées. Une nouvelle production signée Stéphane Braunschweig et dirigée par Karina Cannellakis à découvrir du 10 au 19 novembre.

Présentation de la maquette des décors d’Eugène Onéguine par Stéphane Braunschweig

Le répertoire symphonique

Tchaïkovski encore au cours de plusieurs programmes symphoniques avec en tout début de saison sa 3e symphonie par la Deutsche Kammerphilharmonie et Jérémie Rhorer (18 septembre) et des extraits du Lac des Cygnes par le London Philharmonic Orchestra et Vladimir Jurowski (14 décembre). L’Orchestre de Saint-Pétersbourg (17 janvier) et celui de Birmingham (22 mars) ont tous deux fait le choix de sa 4e symphonie, celle qui inaugure l’idée de destin, un thème qui s’illustrera pleinement dans les deux dernières du musicien. Il sera intéressant d’entendre deux formations aux traditions musicales bien différentes dans ce même répertoire pour justement vérifier une certaine forme d’universalisme de la musique portée par le langage de chacun. Si les anglais proposent en complément de programme le concerto pour violon du britannique Elgar par Julia Fischer, les Saint-Pétersbourgeois poursuivront l’exploration de leur répertoire avec le concerto pour piano n° 3 de Rachmaninov par Boris Berezovsky. Enfin, les deux venues cette saison des Wiener Philharmoniker seront une rare et double occasion de les entendre dans le répertoire russe. Valery Gergiev a choisi de les entraîner dans Rachmaninov avec le concerto pour piano n° 2 par Denis Matsuev et la symphonie n° 2 (26 janvier), tandis que le letton Andris Nelsons se consacrera notamment à Gubaïdulina et Chostakovitch (11 juin).

Affiche du 1er décembre 1929 – Récital de piano de Rachmaninov

Piano et musique de chambre

Qui dit répertoire russe dit piano et musique de chambre et là aussi le choix sera de premier ordre tant par les pièces jouées que par leurs interprètes. Le jeune pianiste germano-russe Igor Levit ouvrira le bal avec Chostakovitch et Prokofiev (6 octobre) suivi quatre jours plus tard par le violoniste franco-serbe Nemanja Radulović avec Rimski-Korsakov (10 octobre). Jean-Phillipe Collard lui se consacrera au trop rare Scriabine (14 janvier) et Francesco Piemontesi s’offrira une escapade chez Rachmaninov (9 février). Le trio composé de Sunwook Kim, Clara-Jumi Kang et Edgar Moreau donneront deux trios de Tchaïkovski et Chostakovitch, tous deux baignés d’un lyrisme mélancolique de toute beauté (19 mars). Le ballet Petrouchka de Stravinsky sera doublement présent dans des configurations différentes. Si Denis Matsuev s’en emparera en solitaire ((31 mai), David Kadouch et Guillaume Bellom l’envisageront à quatre mains et un clavier le temps d’un Concert du Dimanche Matin (27 mars). S’il y en a bien une pour qui le répertoire russe n’a pas de secret, c’est bien la pianiste Valentina Lisitsa, que l’on retrouve cette saison dans Prokofiev et Rachmaninov (8 avril). Enfin pour conclure ce voyage, le retour du Quatuor Belcea, qui après leur récent cycle Beethoven, mettra en miroir deux « tubes » de Schubert et le 14e quatuor de Chostakovitch (24 mai).

Riche voyage donc en terres musicales russes cette saison qui s’inscrit dans l’histoire du Théâtre depuis son ouverture en 1913, un printemps inaugural marqué par les Ballets Russes de Diaghilev et, outre la création du mythique Sacre du printemps de Stravinsky, par notamment la première française de La Khovantchina. Depuis, de nombreux compositeurs et musiciens russes ont marqué leur empreinte sur cette scène. L’histoire se poursuit donc tout naturellement.

TOUTE LA SAISON 2021-2022 sur theatrechampselysees.fr

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