MICHEL FRANCK, Directeur du T.C.E.

En prenant la direction du TCE en 2010, avez-vous eu le sentiment de prendre la direction d’un monument ?

Au-delà du bijou architectural Art Déco qu’est ce Théâtre, il exige selon moi le respect absolu de 3 fondamentaux : la modernité, la continuité et la diversité. Autrement dit, des créations, une absence de rupture depuis 100 ans et une salle d’opéra qui accueille aussi des concerts.

N’y a-t-il pas dans ces 3 termes le petit parfum révolutionnaire de la devise française Liberté, égalité, fraternité. Qu’est-ce qui les rassemble ?

Le dénominateur commun est l’excellence. Pas forcément l’excellence dans la notoriété d’ailleurs, même si j’invite volontiers Simon Rattle, Natalie Dessay et Jonas Kaufmann. Je suis heureux que Cecilia Bartoli ait accepté de se produire au TCE en avril 2014 pour sa quasi 1ère apparition scénique à Paris.

L’excellence n’est pas le star system à tout prix. J’aime la pratiquer à un autre échelon en découvrant de jeunes chanteurs sur audition comme Francesco Demuro. J’aurais pu choisir un ténor beaucoup plus connu. Mais quand je l’ai entendu, j’ai eu l’impression d’être face à Pavarotti jeune. Et je ne crois m’être beaucoup trompé car il a chanté La Traviata à l’Opéra de Paris depuis et Falstaff à la Scala de Milan.

Autre exemple, j’ai auditionné un des vendeurs de programme du Théâtre. Il a été incroyable. Depuis il a chanté avec Nathalie Manfrino et bien d’autres et je l’ai engagé pour rejoindre la distribution de Dialogues des Carmélites en décembre 2013.

Aimez-vous toujours révéler des musiciens comme au temps des Concerts du dimanche matin que vous animiez avec Jeanine Roze ?

J’adore découvrir de nouveaux talents. Les pianistes Hélène Grimaud et Alexandre Tharaud tout comme Philippe Jaroussky ont débuté avec moi. Emmanuelle Haïm a donné son 1er concert au TCE il y a plus de 10 ans. Marie-Nicole Lemieux a remplacé au pied levé Nathalie Stutzmann pour le Orlando furioso produit au TCE. Ce fut une révélation. Pour 2 jeunes chefs comme Yannick Nézet-Séguin et Andris Nelsons, je ne les lâche pas. Ils sont pour moi excellents.

Qu’aimeriez-vous que l’on dise après votre passage ?

Si je me retourne, je souhaite pouvoir me dire que j’ai fait avancer le TCE sur la route du bicentenaire.

In « L’Homme orchestre entretien avec Michel Franck » par Emmanuel Daydé

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