Le pense-bête du directeur: Orfeo ed Euridice

Philippe Jaroussky et Patricia Petibon dans Orfeo ed Euridice (c) Vincent Pontet Le 18 05 2018 au Theatre des Champs Elysees

Lors de chaque répétition générale, Michel Franck (le directeur général du TCE, ndlr) prononce un bref discours pour présenter l’opéra, la mise en scène et les artistes au public. Nous publions, dans cette nouvelle rubrique, ses notes – une entrée en matière façon “executive summary” en 2 minutes top chrono!

En 1762, Mozart a 6 ans. A Vienne, on donne Orfeo ed Euridice de Gluck. Cette œuvre à la beauté formelle va enfin débarrasser l’opéra de ses livrets mythologiques complexes et l’amener à une “belle simplicité”.

Comme a dit l’architecte Mies van der Rohe, “Less is more“. J’ai toujours aimé cette citation, et avec cette mise en scène de Robert Carsen, c’est ce qui me vient à nouveau à l’esprit. Merci Robert pour tant de beauté, et à très vite la saison prochaine pour Iphigénie en Tauride, un autre chef d’œuvre de Gluck.

Il est étonnant de réaliser qu’Orphée et Eurydice n’a pas été donné au Théâtre des Champs-Elysées en version scénique depuis 30 ans. Pourtant, notre théâtre semblait prédestiné pour accueillir cette œuvre, puisque c’est au Champs Elysées qu’Orphée retrouve Eurydice… Ce n’est qu’en 1947 que nous avions accueilli une première version de concert avec les Concerts Lamoureux, et en 1951, la première version ballet dans une chorégraphie de Nicolas Zvereff. Pour l’anecdote : il était précisé dans le programme que « l’absence de tous décors a été voulue pour permettre aux lignes chorégraphiques de se dérouler dans toute leur pureté sur des fonds unis » (sic)

A gauche: affiche d’Orphée et Eurydice en 1951.
A droite: affiche de la production de 1988.

Pour en revenir à la dernière production d’Orphée et Eurydice sur cette scène, c’est un moment de légende, car ce fut la légendaire Marylin Horne qui incarnait Orphée, dans la version de Berlioz, sous la direction de Charles Mackerras.

Aujourd’hui, c’est pour la première fois qu’Orphée est donné sur cette scène en version de Vienne originelle, avec Philippe Jaroussky dans le rôle d’Orphée, Patricia Petibon dans celui d’Eurydice, et, dans celui de l’Amour, la jeune soprano Emőke Baráth, que vous avez pu entendre récemment remplacer brillamment Julie Fuchs dans Alcina.

Orphée et Eurydice est une œuvre extrêmement concentrée – seulement 1h20 de musique – et vous aurez vite le loisir de retrouver vos téléphones, que je vous remercie d’éteindre!

Bon spectacle.

Michel Franck

Orfeo ed Euridice

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